Partagez !
Share On Facebook



Les huit degrés du hatha-yoga

 

Sources : Ralph Stehly, Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg. Textes offerts à la diffusion non-commerciale.

Photo : yogi (vers 1880)



Yoga Bruxelles . Hatha Yoga Le Hatha-Yoga (sanskrit हठयोग ) est la forme la plus connue du Yoga en Occident. Il n’empèche qu’il ne se limite en aucune manière au postures en tant que telles. Il comprend huit degrés :


Yama: refrènements

Niyama: disciplines

Âsana : postures

Prânâyâma: discipline du souffle

Pratyâhâra: rétraction des sens

Dhâranâ: concentration

Dhyâna: méditation

Samâdhi: enstase



1. Les refrènements (Yoga Sutra 2.30)


  • ahimsâ (non-nuisance) : ne jamais causer du mal à aucune créature par aucun moyen.
  • satya (vérité) : accorder ses paroles et ses actes.
  • asteya (ne pas voler) : non seulement s’abstenir de s’emparer illégalement des biens d’autrui mais aussi destruction même du désir des biens d’autrui.
  • brahmacarya (abstinence sexuelle) : l’activité sexuelle est ici conçue comme une déperdition d’énergie. Or, la totalité de notre énergie doit être utilisée en vue de la libération.
  • Aparigraha (non-désir de possession) : savoir vivre au jour le jour.


2. Les niyama-s: disciplines corporelles et psychiques (YS 2.32)


  • çauca (purification) : il s’agit de la purification interne des organes par des exercices appropriés (genre nauli) ou de la purification des nâdi (canaux où circule l’énergie subtile) par le prâna. Parallèlement, il convient de se purifier l’esprit.
  • samtosha (sérénité dans l’existence) : « absence du désir d’amplifier les nécessités de l’existence » (commentaire de Vyâsa)
  • tapas (ascèse) : maîtrise totale des désirs. Cette maîtrise n’a pas pour but une mortification mais de réaliser un gain positif: le yogin étant par là la puissance sur ce à quoi il renonce (l’objet est annexé par le sujet)
  • svâdhyâya : étude personnelle quotidienne des textes du yoga.
  • îçvarapranidhâna : méditation sur le Seigneur, effort pour faire du Seigneur le but de toutes nos actions.


3. L’âsana: la posture yoguique


YS la décrit comme devant être stable et agréable (sthirasukha). L’âsana ne se décrit pas: il s’apprend du maître (guru). Il doit faire oublier le corps, lui donner une assise stable et réduire l’effort physique au minimum. Le but est de réaliser la neutralité des sens. La conscience ne doit plus être troublée par la présence du corps.


L’âsana marque un premier transcendement de la condition humaine. Dans la vie ordinaire, nous sommes mobiles agités, arythmiques. Maintenant on prend en main son corps. L’âsana est l’exact équivalent pour le corps de la concentration , en un seul point, de l ‘esprit. Le corps est comme concentré en un seul point. Le refus de bouger est l’exact équivalent du refus de se laisser porter par le fleuve impétueux de la conscience, et le refus de respirer de manière arythmique.


4.  Prânâyâma: rétention ou contrôle du souffle


« Le prânayâma est l’arrêt des mouvements inspiratoires et expiratoires, et il s’obtient, après que l’âsana a été réalisé » (YS 2.49). La raison théorique de cette pratique est que la respiration est la seule fonction végétative que nous puissions contrôler et qu’il y a un lien entre respiration et conscience. La rétention de la respiration doit faciliter la concentration sur un seul objet, elle ouvre l’espace de la méditation. Il s’agit de connaître la pulsation de sa propre vie. C’est une attention dirigée sur la vie organique, une entrée calme et lucide dans l’essence de la vie.


5. Pratyâhâra: la rétraction des sens


C’est se déconnecter, se déprendre du monde extérieur . Il s’agit de se déconnecter non seulement par rapport aux stimuli extérieurs, mais aussi des fantasmes qui nous assaillent perpétuellement. Désormais le yogin ne sera plus troublé ou distrait par les sens ou les représentations de l’inconscient.


6.  L’ekagratâ (concentration en un seul point) suivi de la dhârana (concentration)


Le but de l’ekagratâ est de fixer le flux de la conscience en un seul point.

La dhârana a un contenu notionnel. Il s’agit de fixer la pensée afin de comprendre. Traditionnellement, la concentration se fait sur le cakra (pr. tchakra, centre énergétique) du nombril, dans le lotus du cœur, sur la pointe du nez…ou sur n’importe quel endroit ou objet du monde extérieur.


7.  Dhyâna: méditation


Quand la concentration dure un certain temps (les textes traditionnels parlent d’une durée équivalentes à 12 rétentions du souffle), on arrive au dhyâna (qui a donné le japonais zen), la méditation que YS 3.2 définit comme « un courant de conscience unifiée ».


8. Le samâdhi: enstase


C’est une expérience indescriptible, un état dans lequel la conscience saisit immédiatement l’objet sur lequel elle médite, sans l’aide d’aucune catégorie intellectuelle.


On distingue deux sortes de samâdhi:

  • le samprajãtasamâdhi: enstase qualifiée, avec support où le Soi (âtman) s’identifie à un objet précis pour le connaître intimement, sans l’intervention d’aucune catégorie intellectuelle, ni de l’imagination.
  • l’asamprajãta- ou nirvikalpa-samâdhi: enstase non qualifiée, sans support. L’enstase non qualifiée est stade ultime du yoga. Elle est dite non qualifiée, parce que l’âtman ne médite plus sur un objet, mais sur lui-même. C’est un état sans contenu sensoriel et sans structure intellectuelle.


L’âtman médite sur lui-même, et n’a donc plus de relations avec le monde extérieur. A ce moment-là, le yogin est un délivré-vivant, jivanmukta et donc n’accumule plus de karman





 



Imprimer Imprimer Email This Page Email This Page

Autres cours au Dojo

Articles & Textes

Nouveau cours de jeudi matin….

Partagez !
Share On Facebook

YOGA ASHTANGA BRUXELLES :ushtra asana

 

Nouveau cours de Yoga le jeudi matin de 9h à 10h30…..suivre le lien